Culture, cliché, racisme

culture, cliché et racisme

Culture, cliché et racisme

Comment écrire sur la culture, sans trop en faire, tomber dans le racisme, faire trop cliché?

C’est la question à 10 000 dollars.

Cet article est probablement l’un des plus compliqués à écrire , mais il me tient à cœur.

Compliqué aussi dans le sens où je risque d’utiliser des termes qui risquent de choquer certaines personnes, mais je ne cherche en aucun cas à être blessante ou irrespectueuse.

La plupart de mes propos seront à prendre avec humour.

Cet article vient en complément de Racines.

Être antillaise c’est quoi? Une culture?une éducation ? Une couleur de peau? Ce sont des questions qui s’appliquent à n’importe qu’elle ethnie après tout.

Mais pour les blancs, aie je commence (humour) on a droit à des phrases plus clichés tu meurs:

  • En été: Il fait chaud , ça va, vous êtes habitués, où est le rapport?
  • Quand tu es dans une soirée et que la compagnie créole ou Frankie Vincent passe: c’est la musique de chez toi. Avez vous déjà entendu une telle  réflexion sur Claude François ?
  • Tu sais faire les acras, colombo, tout plat antillais. J’aime ça mais non.
  • Une dernière anecdote, un e de mes collègue s’embrouille avec un client qui pense qu’elle ne veut pas lui rendre service parce qu’elle est raciste , réflexe de ma collègue:je n’ai rien contre les gitans j’aime Kenji, grand moment de solitude et de rires.

Le film qu’est ce qu’on a fait au bon dieu ?reprends bien tout ces clichés, après tout il ne faut pas se leurrer on donne tous des surnoms à nos amis et collègues étranger, moi la première. Mais ça reste toujours dans la bonne humeur.

quest-ce-quon-a-fait-au-bon-dieu

Être antillaise quand je le veuille ou non c’est avant tout être noire.

Pour ceux qui n’ont toujours pas vu le film Dear White People je vous le conseille fortement, où se situe t’on?

  • Le noir  qui se prend pour un blanc
  • Le noir qui se prend pour Malcolm X
  • Le seul ami noir des blancs histoire qu’ils puissent dire qu’ils ne sont pas raciste

Le film ne s’arrête pas qu’aux clichés, il aborde aussi le métissage , comment trouver sa place quand on est de deux cultures différentes?

C’est un film qu’il faut plus aborder comme un documentaire plus que comme une fiction.

Le métissage c’est un sujet que je ne saurais aborder objectivement, j’ai des cousins/cousines métisses et chacun d’entre eux est différent, j’ai le Kinder surprise, noire à extérieure, blanc à l’intérieur; celui qui essaie de savoir d’où il vient. Les autres peut être étant encore trop jeunes ne se posent pas la question.

Pour en revenir à notre histoire, mon histoire.

Être noire c’est tout une question de culture, premier propos qui risque de choquer, ce qui va suivre n’est pas un jugement.

Prenons l’éducation , le petit d’une amie dit à  sa mère :Pascal le grand frère ne viendra jamais chez nous ce qui est sûr.

  • Parce qu’on a peur de nos parents
  • Parce qu’on les respectent tout autant

Quand je pense que la fessée fait débat alors que chez nous c’était plutôt des raclées.

Attention je ne parle pas de maltraitance, il ne faut pas tout confondre, certes nos raclées sont plus violentes qu’une fessée, mais je savais pourquoi je me faisais corriger, avec la punition qui allait avec. Et pour être honnête la menace du retour au bled, l’aller simple pour Fort de France me faisait plus peur qu’un coup de ceinture, ça peut vous paraître aberrant mais ceux qui en ont fait les frais savent de quoi je parle.

En ce qui me concerne ma mère m’a élevé quasiment seule, mon père était militaire, pas facile pour une femme d’élever un enfant en Alsace dans les années 80/90 quand vous avez du mal à trouver un travail, et qu’enfin trouvé celui ci trouver est à des kilomètres. J’ai appris tôt à être autonome, et je savais à quelle heure elle appelait pour savoir si j’étais rentrée et autant vous dire que j’avais intérêt à l’être.

Mon enfance et le début de l’adolescence à été difficile, nos rapports compliqués , mais à 15 ans ils ont changés et j’ai eu 3 bonnes années avant son décès, une forte complicité que je n’aurais probablement pas eu si nos relations avaient été différentes. Et se sont ces souvenirs que je garde.

Nos parents sont d’une génération où on ne dialogue pas, comme dans le sketch de Claudia Tagbo, chez nous on ne compte pas jusqu’à 3 ça claque tout de suite.

Honnêtement avez vous déjà vu un enfant noir ou arabe,faire du cinéma dans un magasin plus de 2 secondes?

Malgré la peur, le respect, un enfant reste un enfant,ont fait tous des bêtises.

Et aujourd’hui à 35 ans,je n’en suis pas traumatisée pour autant, on en ri avec mes amis quand chacun raconte son anecdote.

Être un étranger, et je ne parle pas que d’origine, du lieu de naissance ou autre.

Non de cette notion d’étranger peu importe d’où vous venez. Sauf peut être pour ceux qui vivent à l’étranger , un ami a dit une phrase un jour qui m’a fait sourire tant c’était vrai:

Un français à l’étranger on l’appelle un expatrié, en étranger en France on l’appelle un immigré ( c’était ma petite parenthèse).

Etant antillaise mais ayant vécu la majeur partie de ma vie en Métropole,quand je rentre en Martinique , je suis la fille qui vient de France. Que ce soit fait sans arrière pensée ou franchement, je sens bien que je ne suis pas tout à fait chez moi.

Cette manière de croire que tout est facile pour nous, un  ressentiment lattant.

Le ventre de l’atlantique écrit par Fatou Diome, illustre bien , cette vision de la France par les étrangers même si l’histoire va au delà.

Sentiment que mes amis Algériens, Marocains…ressentent aussi et ça peu importe la volonté que vous mettez à vous intégrer , et il est là le problème on cherche à s’intégrer alors que ça devrait être naturel.

Une amie m’a dit suite aux attentats, et la vague de haine envers les musulmans qu’elle pensait aller avec son fils en Algérie si ça allait trop loin.

Oui mais pour quel avenir? Cet enfant métisse qui pour sa famille Algérienne est un enfant blanc, a t-il vraiment plus de chance là bas?

Pour l’instant il ne souffre pas de racisme, alors pourquoi lui mettre une telle pression?

Comme je l’ai dit plus tôt, le métissage peut être difficile, j’attends avec plaisir vos retours.Comment vous le vivez?

Ce que j’ai voulu transmettre à travers ces deux articles.

C’est que nos origines, notre religion, notre culture sont certes différentes mais cela n’est pas un frein pour pouvoir vivre ensemble.

C’est ce qui nous défini, fait ce que l’on devient, une partie de nous même dont on ressort le meilleur.

origine

 

 

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Ma vie, mes humeurs

 

 

 

 

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9 commentaires sur “Culture, cliché, racisme

  1. Un très bel article que tu as écrit ! Personnellement, je ne fais pas attention aux nationalités, aux couleurs de peau, aux religions etc… Ce qui importe le plus à mes yeux est que nous soyons tous des êtres vivant avec un cœur (j’englobe par là aussi les animaux).

    Qu’importe la distance géographique qui nous sépare, nous sommes tous citoyens du monde !

    D’ailleurs, lors des attentats de novembre 2015, j’ai eu beaucoup de mal avec mes compatriotes.
    Tous étaient choqués par les attentats ! Mais ceux de Beyrouth la veille, on en parle ? J’ai hais profondément cette hiérarchisation des morts et j’ai honte de le dire, mais j’ai méprisé cordialement mes compatriotes pour cela…

    Pas de commémoration, pas de filtre facebook ou de bougie à l’intention des victimes de l’attentat survenu à Beyrouth… C’était réservé aux victimes françaises…
    J’ai alors détesté profondément les français qui pour la plupart ne se sentent concernés que par des faits qui se rapportent à eux ! Ce qui se passe à l’étranger ne les touchent pas, l’humanisme se perd pour laisser place à la sélectivité et à l’égoïsme.

    Bref, je suis française mais dans ces moments de douleur et d’attaque, je me sens étrangère au sein de mon propre pays…

    Aimé par 1 personne

    1. Je te rejoins à 100% tout en qui se passe en dehors de la France et je rajouterais hors U. E ET USA, n’intéresse personnes, et on pourrait en citer des exemples. C’est bien malheureux mais l’homme est égoïste. C’est une des raisons qui fait que je ne regarde plus infos à part pour la météo. Et encore. Et merci pour le complément

      Aimé par 1 personne

  2. Bravo ! J’ai beaucoup aimé ton article car étant d’origine antillaise je ne me suis reconnue dans certaines anecdotes. Mais je trouve surtout que la richesse du monde est de s’approprier différentes cultures pour créer sa propre identité. Car si c’est important d’être fier de sa culture c’est encore plus importante de savoir se nourrir d’une autre. On comprendrait beaucoup plus de choses si chacun prenait le temps de comprendre l’origine de certains actes.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci. Je suis d’accord avec toi. J’ai grandi en Alsace, imagine la différence de culture et pourtant ça c’est bien passé. Parce qu’il y a encore certaines personnes qui prennent le temps de connaître avant de juger.

      Aimé par 1 personne

  3. J’ai habité au Sénégal et je croyais en y arrivant aussi que « les petits afrciains » (le cliché, j’en ai honte d’avance ^^) ne faisaient jamais la comédie. Vous pensez, ils ont une vie si dure.. haha! quelle naïveté.. comme tu dis, un enfant reste un enfant et j’ai entendus des colères et des claques sur les fesses (qui ne faisais pas arrêter les pleurs) qui m’ont vite fait redescendre de mes clichés!

    Concernant le métissage, je me souviens d’une amie adoptée indienne, qui en repartant en Inde s’était retrouvé à être considéré comme une déesse presque, du fait qu’elle venait de France (et avait la peau clair, rien à voir avec la France d’ailleurs). ça a été très difficile pour elle aussi de trouver le juste milieu.

    Aimé par 1 personne

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